Solidarité avec le Soudan du Sud

A Wau, au Sud Soudan, je participe au projet de l’Institut Catholique de Formation Sanitaire (CHTI), qui prépare sur trois ans des jeunes hommes et femmes à devenir infirmiers et sage-femmes. Le nombre de professionnels que nous formons représente 22 % des effectifs de la Santé au Soudan du Sud. Les étudiants viennent de toutes les régions du pays, de toutes les tribus et de toutes les cultures. Nous profitons de l’opportunité des années vécues ici en communauté pour leur donner non seulement une formation professionnelle, mais aussi humaine : apprendre à vivre ensemble pour pouvoir, au retour dans leurs communautés, aider à construire un peuple et à bâtir une société plus juste et plus pacifique.

Mon rôle est de les accompagner dans leur croissance humaine et spirituelle, surtout de les aider à vivre le pardon et la réconciliation, au quotidien, dans le concret. Et les occasions ne manquent pas… par exemple, quand l’un des étudiants reçoit la nouvelle qu'un de ses proches a été tué lors d'un combat par un membre d'une tribu ennemie, et que parmi ses camarades de l’école il y a des membres de cette tribu.

C’est une mission d’un type nouveau : je suis là pour trois ans, avec des religieux et religieuses de différentes congrégations dans le cadre du projet « Solidarité avec le Soudan du Sud ». Projet né en 2008, à l’initiative de l’Union internationale des congrégations religieuses, en réponse à une demande de la Conférence des évêques du Soudan. Aucune congrégation ne peut répondre seule à tous les besoins mais celles qui le peuvent participent selon leurs possibilités. C’est un modèle nouveau de ministère et de collaboration entre religieux et laïcs, au service des pauvres. Le but est de former des leaders et de renforcer la capacité des personnes pour devenir des enseignants, des professionnels de santé, des agriculteurs durables et des agents de pastorale.

Dans la communauté, nous sommes quatre membres : Sr Bindu, indienne, Sr Winnie, kenyane, Fr David, camerounais et moi-même, Sr Brygida, polonaise. Tous nous avons rejoint le projet en 2022. Le début de notre vie ensemble a été un grand défi. Chacun arrivait avec l’expérience de sa congrégation et, à partir de cela, il a fallu bâtir notre vie communautaire. Pour moi-même, en plus du défi d’être l’animatrice de la communauté, un autre a été le climat, très chaud. En saison sèche, la température se situe entre 35° et 40°. J’ai dû aussi prendre du temps pour connaitre la mentalité des gens, leur culture, leurs habitudes.

Cette mission m’apporte beaucoup de joie : voir la transformation et l’épanouissement de nos étudiants après trois ans de formation ; voir des étudiants diplômés chez nous, envoyés au Kenya pour trois ans d’études complémentaires revenir comme enseignants là où ils ont été formés. Immense joie aussi de voir la grande soif de formation chrétienne dans les paroisses. Les églises sont pleines de jeunes et d’enfants. La population Sud-Soudanaise est très jeune, 70 % ont moins de 30 ans !

Notre espoir pour l’avenir est de préparer la relève et de pouvoir transférer progressivement l’Institut catholique de formation sanitaire à l’Église locale et aux Sud-Soudanais bien formés pour cette tâche.

Sr Brygida Maniurka, fmm

 

Noël avec les étudiants dans la chapelle de la communauté

 

Journée de retraite pour les jeunes en préparation de la Confirmation

Journée de retraite en préparation de la Confirmation

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