Niger, des femmes se lèvent…

Pluies insuffisantes, récoltes médiocres, année après année. Les hommes étant peu investis, le souci de la survie de chacun reposait sur la femme : à elle de trouver comment nourrir la famille jusqu’à la prochaine récolte.

Nous collaborons avec Caritas-Développement, structure d’Eglise, pour transformer la réalité.  Dès mon arrivée, j’ai eu la chance et la joie de travailler avec des femmes de langue gourmantché. « Buamtandi : l’amour s’est élargi », c’est le nom du groupe commencé en 2004 avec 75 femmes. En 2019, au moment où je quitte cette mission, elles sont près de 2000 femmes de toutes confessions religieuses et ethnies, réparties en 52 groupes villageois. Objectifs : mettre les femmes debout, les aider à prendre en charge leurs familles et leurs villages à travers le micro crédit et les activités génératrices de revenus ; dépasser les différences ethniques pour bâtir la seule richesse nécessaire au développement de leurs familles et de leurs villages : l’amour. Bref, « bouter la famine et la misère au loin »

Quelques activités concrètes qui ont changé la vie : maraîchage durant la saison sèche procurant des légumes pour les repas ; élevage de bétail, revendu pour subvenir à différents besoins de santé et d’éducation; banque céréalière pour la période de soudure où les prix montent ; alphabétisation en langue locale ; rencontres mensuelles de formation…

Aujourd’hui, les changements sont très visibles. Les femmes de diverses religions et ethnies cheminent ensemble pour le développement de leur milieu, parfois au prix de beaucoup de sacrifices consentis pour le bien-être de tous. Le niveau de vie s’améliore permettant la scolarisation des enfants, les soins, une meilleure alimentation, l’achat d’une bicyclette. Des femmes savent désormais lire et écrire. Elles prennent des responsabilités dans le village, dans l’Eglise…impensable autrefois !

En contact quotidien avec les femmes, j’ai découvert les nombreux problèmes auxquels les couples sont confrontés et commencé leur accompagnement. Plusieurs dizaines de couples vivent une formation chaque année. En relisant les petits faits de leur vie, ils prennent le temps de dialoguer, cherchent ensemble des solutions et reconnaissent les signes de leur amour.

Ce peuple m’a adoptée. A mon départ, ils m’ont donné un nouveau nom :’Taanba’, ‘celle qui rassemble les personnes’. Je le porte avec moi, il est dans mon cœur.

La mission c’est aller à la rencontre de l’autre.
La mission c’est « être avec »

Sr Perpétue Kpowda, fmm

 

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