jeudi, 16 juillet 2015 00:00

Départ des Sœurs de Ghisonaccia pour une nouvelle mission !

Notre Institut était présent en Corse depuis 120 ans. D’abord à St Hyacinthe, dans le Cap, puis à Bastia dans différentes insertions. En 1970 à la demande de l’abbé Brondi, et avec l’accord de Mgr Collini, les sœurs sont envoyées en Plaine Orientale pour un travail social auprès des familles et un engagement pastoral auprès des enfants, des jeunes et des adultes. Implantées à Abbazia, puis à Migliacciaru, elles arrivent à Ghisonaccia en 1978 au presbytère mis à leur disposition par l’abbé Brondi.

Au fil de ces 45 années, les soeurs se sont succédées, avec leurs faiblesses et leurs qualités, heureuses de vivre leur mission au milieu des habitants, grâce à leur accueil chaleureux et à leur collaboration.  Aujourd’hui, vu la diminution des vocations et de nos forces, nous sommes appelées à nous regrouper pour continuer la mission autrement.

Le 12 juillet dernier, les paroissiens de Ghisonaccia et de l’ensemble de la Corse Orientale ont rendu un vibrant hommage à nos quatre sœurs, Odette, Thérèse, Riselle et Monique, qui quittent le territoire de Corse définitivement.

Malgré notre tristesse de quitter ce lieu, comment ne pas rendre grâce à Dieu, pour toutes ces années où nos sœurs ont tissé ensemble des liens de fraternité et d’amitié.

Après la messe, présidée par Monseigneur de Germay à l’Eglise Saint Michel, l’ensemble de l’assistance était conviée à une réception organisée par la population.

Francis Giudici, Maire de Ghisonaccia et Conseiller Départemental a prononcé un discours rappelant le soutien et le réconfort apportés par les sœurs tout au long des dernières décennies auprès de la population :
« Chères Sœurs, vous faites tellement partie de notre communauté que très familièrement comme pour les membres de sa famille, nous vous appelons par votre prénom. Et c’est vrai, vous faîtes partie de notre famille. On vient de rappeler dans la cérémonie les qualités chrétiennes de votre engagement. Je voudrais en quelques mots rappeler comment les valeurs de la république « Liberté, Égalité, Fraternité » s’appliquent à vous.

Liberté. C’est librement, c’est en prenant le risque de vivre pleinement que vous avez chacune choisi votre vocation. Un choix qui comportait des renoncements, mais un choix qui permettait une aventure totale. Vous n’avez pas voulu de famille pour être dans toutes les familles, vous n’avez pas voulu d’enfants pour que tous nos enfants soient vos enfants. C’est l’exemple, la marque que vous laissez à nos jeunes. La liberté n’est pas quelque chose que l’on attend, mais une valeur que chacun construit.

Égalité : Vous avez fait le choix d’habiter au milieu de nous dans une petite maison au milieu de nos immeubles. Chacun savait en franchissant votre porte qu’il serait accueilli comme s’il était unique. Pour vous l’égalité a été de tendre la main à chacun, d’accueillir chaque enfant comme s’il était le seul, de rencontrer chaque adulte avec bras ouverts. Vivant de votre travail, un ménage ici, un soin infirmier par-là, votre vie parmi nous, a été d’avoir de manière égale, une conversation unique avec chacun.

Fraternité : Chacun vous appelle « Ma Sœur » ! C’est au féminin que vous avez actualisé la fraternité. Être la sœur de tous ceux que l’on rencontre, c’est d’abord voir en l’autre, un autre soi-même, c’est savoir que quand on marche vers l’autre on marche vers soi. Etre la Sœur de tous, c’est porter son regard loin. De grain de riz en grain de riz, vous nous avez rappelez que la terre doit être partagée, que la nourriture doit être dans chaque assiette de chaque enfant du monde.

De tout cela merci, du temps que vous avez passé parmi nous merci. Merci au nom de la population qui va de la plage à la montagne, de Solenzara à Aléria. Merci de la part du conseil municipal pour votre action. ..
Vous êtes des voyageuses au pied léger, sans bagages, sans carapace. En témoignage de notre amitié nous aurions aimé mettre dans une bouteille les lumières de nos paysages, les senteurs du maquis, les couleurs de nos roches et quelques notes de musique en langue corse, pour que vous puissiez emporter un morceau de cette ile. Voyez dans ce petit témoignage la marque de notre amitié.
Dans quelques jours d’autres communautés vont vous accueillir, d’autres mains vont se tendre vers vous. Ils ne le savent pas encore, mais ils vont recevoir des Religieuses formidables. »

En quittant Ghisonaccia, les soeurs laissent un grand vide dans la vie de la communauté paroissiale, mais également dans la cité.
Mais la mission de l’Eglise ne s’arrête pas avec le départ des sœurs. « Le plus beau cadeau que vous nous faites aujourd’hui, a dit sœur Arlette, provinciale de France, à toute l’assemblée, c’est votre implication dans la poursuite de cette mission d’Eglise : liturgie, catéchèse, aumônerie, Mouvement des Chrétiens Retraités, équipes du Rosaire, visites aux malades et personnes seules, prière auprès de nos défunts et aides ponctuelles. »

Cette réalité, triste et pleine de reconnaissance à la fois, nous fait venir en mémoire les paroles de Saint Paul : « l’un sème, l’autre arrose… mais c’est Dieu qui donne la croissance. » Oui, nous sommes tous les ouvriers dans la vigne du Seigneur ! Chacun selon la grâce reçue.

Que Dieu soit béni !

 

 

 

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