Formation sur l’accueil et l’écoute de personnes en difficulté

Fondée en 2002 par le Père Edouard Gueydan, jésuite et plusieurs accompagnateurs ignatiens, la Fraternité du Bon Samaritain a pour mission de venir en aide, par des accompagnements et des retraites, à toute personne souffrant de blessures intérieures.

Au début de la session, ils ont commencé par nous rappeler quelques éléments de l’anthropologie chrétienne, se basant sur la Première Lettre de St Paul aux Thessaloniciens (1 Th 5, 25) : l’homme, dans son être tout entier est esprit, âme et corps. Un schéma bien clair nous resituait ces trois niveaux de la personne humaine. Nous avons été interpellées par ce « sanctuaire » qui se trouve en tout homme, est qui est le lieu de la rencontre avec Dieu ; ce lieu étant inviolable. Cela peut être très réconfortant pour une personne très blessée de découvrir l’existence de ce lieu en elle. Parfois, ce sanctuaire est consciemment verrouillé par l’homme…

Durant cette session, nous avons partagé des situations de personnes que nous accueillons et écoutons. Ce fut l’occasion d’une supervision pour améliorer notre manière d’accueillir et d’écouter, particulièrement les personnes en difficulté. Des aspects importants de l’écoute nous ont été redits :

-  En début d’entretien, inviter l’autre à clarifier sa demande, à nommer, si elle peut, ce qu’elle cherche dans l’écoute,
-  Aucune personne ne peut juger de la profondeur de la « blessure » de l’autre ; aucune souffrance ne peut être minimisée,Eviter les conseils ; la personne doit d’abord se sentir écoutée et considérée pour elle-même,
-  Ne pas trop se préoccuper de ce que l’on va dire. Se centrer sur la parole de l’autre et savoir que lorsque l’on écoute quelqu’un, Dieu est présent…
-  Ne pas avoir peur du silence dans un entretien ; le silence permettant parfois à la personne d’aller plus loin,
-  Ne pas hésiter à proposer à la personne des textes de la Parole de Dieu ; ces textes peuvent ouvrir un chemin,
-  En fin d’entretien, si c’est possible, l’inviter à une prière spontanée, pour éviter de trop orienter la personne par notre propre prière.

Le dernier jour, Véronique et Thierry nous ont détaillé les cinq grands types de blessures de l’enfance : le rejet, l’abandon, l’humiliation, la trahison et l’injustice. Ils nous ont montré comment celles-ci peuvent avoir parfois des conséquences néfastes dans la vie des personnes. La voie qui permet de prendre la tangente de ces situations est le pardon.

De fait, nous avons essayé ensemble de définir le pardon et son processus, étape par étape… Pédagogiquement, ils nous ont aidées à voir que pardonner n’est pas excuser, oublier, minimiser, et même pas se réconcilier, car il arrive que l’on puisse pardonner à une personne qui soit décédée, ou très loin ou pas même consciente qu’elle ait pu blesser. Entrer dans ce processus de pardonner, c’est nommer précisément le mal commis et par là même peu à peu dissocier l’acte et la personne. Parfois, il y a des actes inexplicables, irréparables, impensables ou tout simplement impardonnables… A ce moment-là, si c’est possible, il peut être bon de rappeler à la personne que nous écoutons que, Jésus sur la croix n’a pas dit à ses bourreaux : « Je vous pardonne », mais il a dit : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font »…

Ce temps de session a été un temps fort vécu communautairement. Il a permis une relecture de notre manière d’accueillir et nous a donné des outils pour aller plus loin.

Marie Claire, FMM Oullins

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