Les habitants de la rue veulent être vus et entendus

Par un soin « proche et attentionné », leur équipe professionnelle leur propose de faire un bout de chemin ensemble en partant à la (re)découverte du sens qu’ils donnent à leur propre vie. La finalité n’est autre que de placer ces derniers au centre du processus, de renforcer leurs capacités, d’ouvrir les champs du possible, de réveiller les désirs… pour reconstruire des liens sociaux. 

Pour mieux connaître leur engagement et les réalités de la vie dans les rues de Bruxelles d'aujourd'hui, nous avons invité Bert De Bock – membre de DIOGENES à une réunion communautaire. Je collabore avec Bert depuis plusieurs bonnes années, c'est pourquoi nous l'avons choisi...

Quel est leur travail quotidien? 

Diogènes - où Bert travaille - veut constituer une passerelle entre la rue et le monde social. Les travailleurs de rue prennent contact avec les habitants de la rue afin de leur offrir une écoute inconditionnelle et pour les soutenir dans leur contexte de vie, en tenant compte de leurs valeurs et mode d'existence. C'est dans le respect de ce cadre qu'ils pourront, s'ils en expriment le souhait, être orientés vers les services les plus adaptés; une dynamique de changement peut alors se mettre en place, qui tienne compte des demandes, du rapport au temps, du rythme et des aspirations des sansabri. Le travail de rue se fait «dans la rue» ou dans un endroit choisi et connu des sans-abri. L'accompagnement est prévu pour une durée indéterminée.

Ils travaillent à plusieurs niveaux:

  • Rencontrer : « contacto-thérapie », le contact est un but en soi. Créer de la chimie, une relation pleine de sens. Montrer de l’intérêt, être proche, être attentionné pour l’autre.Tisser du lien. Construire des relations de confiance.
  • (RE)motiver: montrer de l’intérêt, renforcer l’autonomie (choix), renforcer les capacités, relever le sens, mettre du lien dans l’histoire, motiver, écouter, soutenir.
  • Transformer: transformer les histoires d’incompétence pour partir à la découverte de nouvelles possibilités. Transformer le discours, la façon de voir et de se voir. Partir à la découverte du sens donné à la vie. Travailler au développement identitaire.
  • Accompagner: tout au long du parcours. Développer une vue globale sur la situation, être personne de référence, guider. Relais, médiation, concertation de soins, continuité, accompagnement dans les démarches, stabilisation.
  • Informer: travailler les représentations. Améliorer la compréhension. Favoriser les adaptations de pratiques, de dispositifs, de politiques. Reconstruire les liens sociaux.
  • Soutien au logement: accompagnement intensif à la recherche d'un logement et à l'appropriation de celui-ci par les personnes sans-abri.
  • METRO-liens: Renforcement du travail de rue sur le réseau STIB. Ecoute, information et soutien aux acteurs en présence (agents STIB, agents de nettoyage, commerçants, voyageurs,
  • Médiation interculturelle: insertion, orientation vers les services adéquats, favorisation de la scolarité des enfants.
  • Information des institutions, associations et pouvoirs publics concernés sur le milieu de vie et les besoins des habitants de la rue dans une optique d'adaptation des services et des politiques

 Le Réseau du Collectif est également composé d’organisations partenaires qui agissent ensemble pour un adieu digne pour les habitants de la rue décédés. Ce réseau s’informe quand il y a un décès, organise des cérémonies d’adieu, lutte pour que les conditions de vie et d’enterrement des habitants de la rue s’améliorent...

 Le monde du Collectif les Morts de la Rue est très varié, et tout le monde peut s’investir selon le temps duquel on dispose, les intérêts de chaque personne, ses talents.

 Le pape François nous dit: «Vous devez aller avec le Christ à la périphérie". Comme vous pouvez voir, ces "périphéries" ne sont pas loin, il suffit d'aller dans les rues de Bruxelles - - la capitale de l'Europe...

Sr Czeslawa fmm, Bruxelles

Présentation de l'association : texte copié du site de DIOGENES

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