Ma foi s'est approfondie dans un village de mines

Dans le passé, il y avait beaucoup de charbon et beaucoup d'endroits où on en avait besoin. Même si la région était pauvre, elle était pleine de jeunes qui vivaient là et y apportaient la vitalité de la jeunesse. Mais maintenant il y a peu de charbon dans la mine aussi la société a été fermée, les jeunes sont partis un par un et il reste seulement les anciens.

En Corée les villages des mines sont appelés 'les sabots', parce que c'est la dernière place pour travailler quand on n'a pas trouvé d'autres jobs. C'est pourquoi il y a ici beaucoup de pauvres, financièrement et mentalement. Il n'y a pas beaucoup d'enfants et la plupart ne sont pas bien soignés parce que leurs foyers ne sont pas normaux. Nous avons seulement 7 ou 8 étudiants à l'Ecole du dimanche. Seul un enfant vient d'une famille normale (si l'on peut dire — les deux parents vivant à la maison) et les autres viennent de familles 'handicapées', ou de l'orphelinat car ils ne peuvent pas vivre avec leurs parents. Je peux percevoir que quelque chose leur manque, en dépit de leur apparence pure et innocente, parce qu'ils n'ont pas reçu l'amour inconditionnel de leurs parents. Lorsqu'on distribue des sandwiches après la classe de catéchisme il y a toujours une dispute pour être servi en premier sans tenir compte des amis et des étudiants plus âgés. Chaque fois je suis frustrée et je leur fais des reproches à ce sujet.

J'étais devenue de plus en plus critique, même lorsque je passais seulement une heure par semaine avec eux. Mais un jour j'ai réalisé que l'amour de Dieu et l'amour de notre mère Marie passaient à travers moi, uniquement pendant le cours de catéchisme. Il n'est pas facile d'expliquer aux enfants l'amour de Marie et de Dieu le Père alors qu'ils ne reçoivent pas cet amour de leurs parents. J'ai beaucoup pensé à la façon dont je pouvais partager mon cœur avec les enfants et leur faire sentir l'amour de Dieu. Je ne sais pas quand j'ai commencé à me voir dans les enfants. Je désirais être aimée, je voulais faire ce que j'aime et être davantage comprise, je ne voulais pas que l'on m'ennuie, etc. . . même si je ne le disais pas directement.

En pensant que les désirs des enfants ne sont pas différents des miens, j'ai compris que Dieu me regardait avec des yeux de tendresse. A partir de ce moment, j'ai décidé que je devais avoir pour ces enfants le cœur de Dieu, ce qui me conduit à me comprendre, et à les attendre plutôt que de leur faire des reproches. Quand j 'attends le servant d 'autel qui est en retard pour la messe, maintenant je ne me sens pas contrariée mais j'offre un chapelet pour lui. Puis j'accueille l'enfant avec un grand sourire. Je vois clairement quel cœur je dois offrir à ces enfants quand je pense aux personnes qui m'embrassaient affectueusement et me conduisaient sur le droit chemin, non par leur enseignement mais par leur amour. C'est une petite paroisse au milieu d'une vallée, dans une campagne éloignée. Ici rien de spécial ne se passe, rien n'arrive et chaque jour est tranquille. Il n'y a pas beaucoup de catholiques, pas de programme chargé, aussi je doutais de la nécessité de ma présence. Mais il y a quelques jours le curé a dit : « c'est un village tranquille, c'est pourquoi c'est un lieu pour prier. » Et ces mots ont atteint mon cœur et j'ai pensé : 'oui, c'est là que je dois être.'

Depuis longtemps, dans leur pauvre vie, ces gens sont en relation avec Dieu et gardent leur foi profonde, aussi c'est une occasion pour moi de vivre et de prier avec eux. Je crois que c'est ce que Dieu veut que je fasse en ce moment. Je suis reconnaissante pour ce temps pendant lequel je peux penser profondément à l'amour de Dieu que je reçois à travers ces enfants et m'efforcer de transmettre cet amour. Et avoir la chance de prier avec ces croyants fervents est une grande grâce !

Gemma YU Su Jin, fmm

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