Pologne - Les portes ouvertes pour tous : la mission parmi les migrants


Mr Joseph vient du Ghana. Au début des années 90, à cause de l'instabilité politique et économique de son pays, il est allé aux Etats-Unis. Quelques années plus tard il a dû quitter ce pays et en 2006 il est arrivé en Pologne. Au début de son séjour il était clandestin. Lorsque sa situation est devenue très difficile il a demandé au Centre Fu Shenfu pour les Migrants de l'aider. Il confie : « Quand je n'avais pas de travail le Centre m'aidait financièrement, j'avais des vêtements, je pouvais toujours aller manger quelque chose là-bas. Ils m'ont aidé à rester légalement en Pologne. Le Centre pour les Migrants est un lieu où les portes sont ouvertes pour tout le monde. »

Mme Thanh vient du Vietnam. Elle est arrivée en Pologne il y a 10 ans. « Je voulais avoir une vie meilleure, dans la paix. Je suis catholique et au Vietnam il est difficile d'être catholique. Ici nous sommes beaucoup mieux traités. » Le Centre pour les Migrants l'a aidée à obtenir les papiers polonais et à légaliser le séjour en Pologne de ses deux fils. « Le Centre est un lieu où ceux que personne n'a aidés peuvent venir et trouver de l'aide. »

Le Centre Fu Shenfu pour les Migrants est une fondation dirigée par les Missionnaires du Verbe Divin (SVD) où les FMM travaillent depuis de nombreuses années. Actuellement nous sommes deux : Sr Anna Nguyen Hong Tham, vietnamienne et moi, Sr. Maria Wemer, jeune religieuse polonaise. L'immeuble se trouve à Varsovie, dans un lieu discret que les passants ne voient pas.

Là cependant les histoires de beaucoup de migrants rencontrent celles d'autres migrants venus d'Ukraine, du Vietnam, du Kazakhstan, d'Arménie, de Chine, du Nigéria, du Brésil, d'Argentine, du Maroc... Ce sont quelques-uns des pays d'où arrivent les gens qui viennent à nous. Qu'ont-ils en commun ?

Ils ont tous besoin que nous les aidions à rester en Pologne, parce que pour eux tout est nouveau ici : la langue, la culture, le climat.
Certains demandent des aides simples : comment inscrire un enfant au jardin d'enfants, contacter les bureaux de police, les médecins, compléter des documents. Mais beaucoup de migrants qui viennent nous voir sont dans des situations très difficiles et même dramatiques. Des nouveaux arrivants comme Mr Joseph ou Mme Thanh sont souvent menacés d'être renvoyés dans leur pays d'origine, ce qui pour bien des raisons est une tragédie pour eux. Nous accueillons une mère qui demande la légalisation du séjour pour son fils, une Vietnamienne en Pologne depuis 30 ans et qui n'a pas de Sr Maria Werner, Sr Anna Tham avec des enfants vietnamiens papiers, un Ukrainien pour qui le retour dans son pays signifie pas de soins pour sa maladie grave...

D'autres au contraire demande à quitter la Pologne. En dépit des apparences cela n'est pas toujours facile. Quand quelqu'un n'a pas tous ses papiers en règle, avoir l'autorisation de quitter le pays peut être long. Quelquefois chaque jour compte quand par exemple un enfant très malade attend son père. Nous avons récemment aidé un chinois qui était dans cette situation et ce n'est pas la seule histoire dans ce genre. Parfois une vie compliquée conduit à une séparation à long terme de la famille. Bien que la loi protège la famille, faire appliquer cette loi peut prendre des mois. Chaque histoire est différente et chacune est importante. Nous essayons d'aider chacun de ceux qui viennent à nous, que Dieu nous envoie. Souvent il est possible de les sortir de leurs difficultés, mais parfois nous sommes impuissantes à cause des lois existantes. Il nous reste la possibilité d'être auprès d'eux et de prier pour eux.

Dans notre Centre nous accueillons chacun sans regarder la religion. Nous aidons ceux qui en ont besoin car ils sont le Christ. Nous prenons particulièrement soin des catholiques. Nous avons des ministres qui parlent vietnamien et espagnol. Dans les deux chapelles proches des centres commerciaux qui rassemblent les vietnamiens, il y a des messes en vietnamien. Les Père SVD de ce pays et Sr Anna accompagnent leurs compatriotes en exil loin de leur pays. La communauté hispanophone prie dans l'une des églises de Varsovie.

Nous répondons aux besoins des migrants en leur offrant des leçons gratuites de polonais. Ils pourront trouver leur place dans la société polonaise et obtenir un meilleur travail s'ils connaissent au moins la base de la langue. Les leçons leur sont données par des volontaires, par moi ou par Sr Anne Tham qui maîtrise notre langue difficile au point de pouvoir aider les autres. La force du Centre pour les migrants vient de nos volontaires. Contrairement à ce que disent les médias à propos de l'animosité par rapport aux migrants, il existe beaucoup de gens qui sont prêts à les aider. Parmi nos volontaires on trouve des étudiants et des gens plus âgées, des hommes et des femmes de différentes professions, des personnes laïques et des consacrées.

Les volontaires enseignent le polonais mais ils font beaucoup plus, et c'est sans doute le plus important. Ils accompagnent et aident les migrants. Récemment l'un de nos migrants étudiant n'avait pas de logement, des volontaires Kasia et Marek l'ont accueilli chez eux et il a passé Pâques avec eux. Sylwia, professeur d'anglais a décidé de travailler à mi-temps pour donner plus de temps aux migrants. Dieu nous envoie vraiment des gens bien. A travers eux Dieu bénit notre travail, notre Centre. Pour les volontaires nous organisons des réunions de prières ensemble et nous prions alors pour tous ceux qui viennent à nous.

Le Centre pour les Migrants est mon premier envoi après les premiers Vœux. Là je rencontre beaucoup de gens qui me racontent leur histoire, souvent difficile, douloureuse. J'entends des mots et je vois des larmes : « Ma soeur, aide-moi »... Ces mots me rappellent qu'avant d'entrer dans l'Institut je devais écrire mon rêve. N'ayant pas le temps de réfléchir j'ai écrit : « Aider les autres ». Maintenant Dieu me donne l'occasion de remplir ce désir.

Maria Werner, fmm

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