Marcher ensemble - Cuba

Une fois encore nous avons reçu la visite du Pape François, qui eut la bonté de choisir Cuba pour sa rencontre avec le Patriarche Cyrille, cherchant ce qui peut nous unir. Cet événement a été très important pour l’Eglise cubaine car il nous invitait à nous unir, nous aussi, comme une famille qui cherche le Christ.

Un autre événement important a été pour Cuba l’amélioration de ses relations avec les Etats-Unis, permettant au pays de s’ouvrir au tourisme (avec des rentrées financières vitales en ce moment). Cependant l’exode cubain continue, et notre Eglise perd des membres actifs qui, à cause de la situation économique, émigrent pour trouver de meilleures conditions de vie. Cet exode continu est une véritable hémorragie, et le pays en souffre. Cette réalité est douloureuse aussi pour nous FMM. Les plus pauvres, qui n’ont pas la possibilité d’émigrer, forment le «petit reste ».

Mais l’événement qui a le plus bouleversé le pays a été la mort, le 25 novembre 2016, du Commandant Fidel Castro, chef du pays depuis tant d’années. Ce peuple si joyeux et bruyant s’est transformé. Tous les événements culturels, sportifs et festifs ont été annulés. Un silence de mort, de crainte, de méfiance a pris la place. Dans les rues les gens ne parlaient pas ou le faisaient à voix basse. Le gouvernement déclara 9 jours de deuil !

Tous les canaux de télévision présentaient le même programme : des scènes passées de la vie du commandant, ses victoires, ses expériences, ses amitiés, etc. etc… Ce que nous vivions était très frappant, comme si le monde s’était arrêté… beaucoup pleuraient et se lamentaient de la perte du Commandant et on donnait sans cesse des témoignages des avantages de la révolution : éducation gratuite pour tous, services de santé, possibilité d’être propriétaire de sa maison, etc.

Les gens de la campagne surtout parlaient beaucoup des bienfaits reçus. Ils pleuraient et se lamentaient disant que leur vie était d’abord Fidel Castro et ensuite Dieu : « Il était comme un père pour tous ! ». Et ensuite que faut-il faire ? se demandent les gens. Et les ordres arrivent :« Tous sont invités à signer le livre de la solidarité, et l’engagement de fidélité à la Révolution et à la figure de Fidel ».

Et nous avons vu ainsi passer des groupes scolaires, du primaire à l’université, et des travailleurs de tous les services (rappelons qu’ici il n’existe pas d’entreprises privées, tout appartient à l’état). Les personnes âgées ont voulu faire bonne impression et ont signé dans les postes médicaux. D’autres en signant ont ajouté quelques vers qu’ils avaient composés concernant cette mort. Les enfants du primaire ont peint sur leurs petits visages : « Je suis Fidel ».

Le désir du Commandant était d’être incinéré et que ses cendres parcourent le chemin qu’il avait parcouru quand il a fait la Révolution. C’est pourquoi, jour après jour, ses cendres sont passées dans chaque municipalité, et dans chacune avait lieu un acte civique qui rappelait les moments importants de la vie du Commandant. Cela veut dire aussi que dans tous les endroits où passaient les cendres de Fidel, l’église célébrait la messe pour son repos éternel ! A la fin des 9 jours, les cendres ont été déposées dans le cimetière de Santa Efigenia à Santiago de Cuba, parmi les grands personnages de l’histoire du pays.

Quelles seront les répercussions de cette mort ? Nous ne le savons pas. L’Eglise, et nous les soeurs, voulons partager avec le peuple ses aspirations et ses espérances, ses joies et ses souffrances. Nous marchons à ses côtés, nous croyons et espérons que Dieu, le Seigneur de l’Histoire, fera resurgir du « petit reste, pauvre » un peuple nouveau. C’est la foi qui nous anime et nous savons que nous ne serons pas déçues !
 

Communauté FMM de Abreus


 

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