Témoignage de Magali Jaulin

     « Etre religieuse aujourd’hui. »

Je m’appelle Magali Jaulin. Je suis engagée depuis 3 ans comme religieuse Franciscaine Missionnaire de Marie et je vis à Clichy dans une communauté de 5 sœurs. Je suis encore en formation en vue d’un engagement définitif (les religieux et religieuses ont un temps assez long de préparation avant de s’engager définitivement).

Je vais vous témoigner un peu ce que je vis et du sens que je donne à mes engagements.

J’ai grandi dans un milieu chrétien qui m’a transmis la foi catholique. Mais à l’adolescence, j’ai eu à faire un vrai chemin personnel pour redécouvrir le sens de mon baptême en accueillant Jésus Christ comme une Personne Vivante. J’ai fait une rencontre du Dieu Amour et cela a bouleversé ma vie. Petit-à-petit s’est creusé en moi le désir de donner ma vie à Dieu en choisissant le Célibat pour le Royaume. En renonçant à l’amour conjugal et à la maternité sous sa forme commune, j’ai choisi d’aimer autrement, en mettant Dieu en premier dans toutes mes relations. Et cela rend ma vie féconde.

Comme religieuse Franciscaine Missionnaire de Marie, je me suis engagée à vivre en communauté fraternelle, dans l’esprit de st François d’Assise. Ce n’est pas tous les jours facile, nous ne nous sommes pas choisies mais c’est Dieu qui nous a appelées chacune et c’est Lui qui nous donne la force de surmonter les obstacles : comme dans toute vie commune, nous avons nos limites : incompréhensions, tensions et parfois conflits sont là pour nous rappeler que Dieu nous a appelées telles que nous sommes et Il nous invite à grandir dans l’amour. De plus, nous nous engageons à vivre dans des communautés internationales. Dans ma communauté de Clichy, nous sommes de 4 nationalités différentes : Burkinabé, malgache, polonaise et française. C’est une caractéristique de notre institut et c’est un vrai défi dans le monde d’aujourd’hui qui est de plus en plus globalisé et interdépendant : apprendre à nous aimer par-delà nos différences d’ordre personnelles et culturelles.

Comme notre nom l’indique, nous sommes missionnaires ; nous le sommes déjà comme tout baptisé. Mais en tant que religieuses, nous le sommes d’une manière spéciale dans une disponibilité radicale : notre règle dit : « prêtes à partir comme à rester… ». Je peux donc être envoyée 3 ans quelque part et puis partir pour un autre lieu de mission. La mission, c’est annoncer l’Evangile par nos engagements dans l’Eglise ou dans un travail professionnel. C’est aussi parfois par une simple présence priante là où nous ne pouvons pas faire autrement (pays musulmans). Personnellement, je travaille comme médecin en PMI (service départemental de Protection Maternelle et Infantile). Mon travail consiste à voir en consultation des enfants de 0 à 6 ans et d’assurer le suivi de leur développement physique, psychique, social, langage, etc... La PMI est aussi au cœur du dispositif de protection de l’enfance. Elle veut être un soutien aux familles en difficulté. Là, ma vocation religieuse et franciscaine prend tout son sens, dans la lutte contre tout ce qui est indigne de l’homme. Mes collègues ne savent pas que je suis religieuse mais j’essaie de vivre l’Evangile dans mon travail : dans la manière d’accueillir les familles, la collaboration avec mes collègues, le souci de la qualité des relations interpersonnelles. Il y a de multiples façons de témoigner de l’Amour de Dieu.

Si je veux que ma vie soit « parlante », interpellante ou encore prophétique c’est-à-dire qu’elle dise quelque chose du Royaume de Dieu qui vient, il me faut le rencontrer chaque jour dans la prière ; c’est là que je reçois la force de me donner au jour le jour, de rechoisir le Christ comme premier amour de ma vie. Chaque matin, je me réveille et je dis au Seigneur : « aujourd’hui encore, Seigneur, apprends-moi à aimer. » Il y a des matins où c’est plus facile que d’autres… En plus de la prière personnelle, nous avons aussi deux temps de prière communautaire : le matin et le soir. Cette prière nous unit à la prière de l’Eglise universelle et signifie notre appartenance au Corps du Christ.
Participer à l’Eucharistie est aussi un des piliers de ma vie religieuse missionnaire. C’est là que je contemple le don que Dieu a fait aux hommes et c’est là que je peux m’offrir au Père avec le Christ. Je suis ainsi revivifiée et envoyée de nouveau auprès de mes frères pour partager le trésor que je porte comme dans un « vase d’argile».

A côté de la participation aux sacrements, à la prière et le travail professionnel, il y a la vie communautaire. Cela comprend d’abord les tâches matérielles qui font partie de la vie de toute famille. Nous nous répartissons les tâches ménagères. Puis, il y a les temps de rencontre communautaires : réunions et temps de détente. Dans la vie franciscaine, nous partageons beaucoup ce que nous vivons et portons une attention particulière à la convivialité. Nous aimons bien faire la fête ! Nous aimons aussi accueillir des personnes qui ont besoin de parler ou qui veulent partager un moment avec nous. Tout cela est très riche et est une occasion de rendre gloire à Dieu.

Il y aurait encore beaucoup de choses à témoigner car quand on se met en route à la suite du Christ, on ne s’ennuie pas ; c’est une vraie aventure ! Pour moi, le choix de la vie religieuse est une réponse à un appel reçu : c’est Lui qui m’a appelée et sa Fidélité est un Roc sur lequel je peux m’appuyer. Ce « oui », je dois le redire chaque jour. Et là, la communauté est aussi une force, un soutien.

Merci Seigneur pour le don de ton Amour. Appelle des jeunes à te suivre dans une vie qui te soit consacrée, pour ta gloire et le salut du monde.

Magali JAULIN fmm, Clichy-sous-Bois

      

 

 

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