Arriver, demeurer, partir….

Le 15 décembre 2017

Partir après 31 ans de présence fmm à Wattignies -banlieue sud de Lille- cela valait d’être célébré. Regrets…bien sûr ! Mais en ce dimanche 26 novembre c’est plutôt  la gratitude qui dominait.

Merci pour les années de vie partagées dans l’immeuble Le Merle, dans le quartier Blériot, sur la paroisse Wattignies - Templemars, dans les associations, l’aumônerie, la chorale…. Merci pour tout ce que nous avons reçu d’amitié, de services, de soutien. Merci pour ce que nous avons pu donner aux uns et aux autres  dans les moments heureux ou tragiques de la vie et dans les jours ordinaires. Et pas seulement nous qui « fermons la maison »,  mais toutes celles qui ont vécu ici - une trentaine de sœurs fmm- engagées dans la mission sur ce secteur au fil des années.

C’est une belle journée marquée de joie, de peine, de gratitude, d’émotion. Les paroissiens sont nombreux au rendez-vous. L’eucharistie de la fête du Christ-Roi est célébrée par Mgr Podvin. Après l’entrée en procession des sœurs de la communauté avec les célébrants, actuels et passés de la paroisse, Béatrice dit un mot de bienvenue, puis Cécile Le Méner lit un message de Sr Arlette, provinciale. Le célébrant, avec beaucoup de cœur, fait mémoire de notre présence et de notre mission, et rappelle que les consacrés restent disponibles pour répondre à d’autres appels : arriver, demeurer, partir font partie de leur vie. A la procession des offrandes, participation des enfants, des personnes plus défavorisées du quartier, des membres actifs de la paroisse. Après la communion, les sœurs de la fraternité s’avancent pour chanter « O ma joie et mon espérance, le Seigneur est mon chant, c’est de Lui que vient mon salut, en Lui j’espère, je ne crains rien …. » Béatrice en a donné le sens : expression de notre confiance dans le Seigneur. Et de notre internationalité, car il est chanté en français avec tous, puis en allemand, en espagnol, en vietnamien, en Kikongo.

Après les mercis de l’Equipe d’Animation pastorale et les cadeaux de la paroisse, la fête continue dans la salle voisine, apéritif et buffet préparés par les paroissiens. Beaucoup de petits mots s’échangent, ici et là, entre rires et larmes, qui disent les liens tissés au fil des années.

Wattignies reste dans nos cœurs et notre prière. Le Seigneur fera germer et grandir ce que nous avons semé et s’il y avait de l’ivraie, il fera le tri.

La route est ouverte pour une nouvelle mission à La Madeleine ( 59) !

fraternité de Wattignies

 

l'article de Gérard Loigerot paru dans le journal paroissial

Nouvelle mission pour les religieuses de la ZUP : implanter leur communauté à La Madeleine

Le soir autour de la table du repas, elles sont six, six sœurs venues de divers horizons : Jeannine et Hélène sont françaises, Béatrice vient de Suisse, Cleeve du Congo Brazzaville, Suzanne est d’origine vietnamienne, Myriam est colombienne ; quatre continents représentés. Normal dans une communauté de sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie : « engager la congrégation dans la mission universelle de l’Église », c’était le vœu de Marie de la Passion, une Française, lorsqu’en 1877 elle fonda en Inde la congrégation. Depuis, des communautés de Franciscaines Missionnaires de Marie, connues aussi sous le raccourci FMM, se sont multipliées à travers le monde, actuellement présentes dans 76 pays. Elles sont aujourd’hui environ 5 800, dont les six religieuses qui logeaient il y a peu dans deux appartements sur la ZUP de Wattignies.

Chacune y avait sa chambre ; au centre des parties communes, une pièce transformée en chapelle rassemblait la communauté à plusieurs moments de la journée, des Laudes du matin aux Vêpres du soir, avec des temps quotidiens d’adoration, de méditation, d’échanges. Une fois par semaine, Mickaël David, curé de la paroisse, célébrait une messe à laquelle participaient régulièrement quelques fidèles du quartier.
Voici 31 ans que la congrégation, encouragée par le diocèse, avait élu domicile dans cet ensemble d’immeubles HLM où la planète se donna rendez-vous au travers de la nationalité des 35 sœurs qui se sont succédé au 22 de la rue Blériot. Religieuses aînées, jeunes sœurs en pré-noviciat ou en formation, sœurs au travail ont vécu là, jusque fin novembre dernier, au plus proche d’une population pauvre, souvent en difficultés, disponibles pour rendre service et participer au vivre ensemble.
Certaines sœurs se sont particulièrement illustrées dans l’immeuble, le quartier, la ville. On évoque ainsi la personnalité de sœur Liliane (Dupont) très active au sein du centre social du Riez et de son conseil d’administration. Pas possible d’oublier la dynamique sœur Élise qui favorisait les rencontres avec les mamans, les invitait à des promenades, à organiser des fêtes. Elle réussit même à mobiliser des habitants de l’immeuble pour repeindre ensemble l’ascenseur ; tâche utile certes, surtout efficace pour créer du lien. On se souvient de sœur Sylviane qui offrit de compétents services à l’aumônerie avant de  retrouver l’Île Maurice ; elle quitta Wattignies, en même temps que sœur Marie-Françoise chargée pour le diocèse de l’accueil des migrants africains et envoyée à Bordeaux. Citons encore Sœur Cécile dont la voix harmonieuse se mêla à la chorale paroissiale et qui fit à Wattignies ses vœux perpétuels. Elle ne fut d’ailleurs pas la seule. Le plus souvent discrète, la proximité des sœurs a interrogé, suscité la rencontre et l’entraide. Un souvenir évoqué : celui de ce garçon de l’immeuble qui, à l’école, avait proposé comme sujet de rédaction ses curieuses voisines. Il fit bien, sans doute pour l’originalité du sujet et surtout pour les cours de maths, prodigués par une sœur, suite au premier contact.

Après une aussi longue présence à Wattignies, les religieuses ont quitté le quartier du Riez et la ville. Lors de la messe du dimanche 26 novembre, suivie d’un repas partagé, paroissiens et amis leur ont témoigné sympathie et reconnaissance. La séparation ne se fit pas sans émotion, surtout pour les plus anciennes de la communauté. « Nous gardons des attaches avec ce lieu où l’on a vécu en amitié avec des sœurs, rencontré des gens, noué des liens », confie sœur Jeannine, puis d’ajouter : « Nous sommes des missionnaires et notre vocation est d’aller là où l’on nous envoie ». Cette fois, le voyage ne sera pas très long puisque les six religieuses – elles seront bientôt huit – sont missionnées pour fonder leur communauté à La Madeleine dans une maison encore à aménager, proche de l’EHPAD qui accueille à Lille des sœurs aînées. « Ce sera moins dur de quitter Wattignies, se console sœur Hélène, en sachant qu’il y aura une suite dans le Nord pour notre communauté des Franciscaines Missionnaires de Marie ».

  

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